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dimanche 24 octobre 2010
La cote de popularité de Nicolas Sarkozy passe sous les 30 %
La cote de popularité de Nicolas Sarkozy passe sous les 30 %: "La cote de popularité de Nicolas Sarkozy a perdu 3 points en octobre et s'établit à 29 %. Celle de François Fillon perd 2 points et s'établit à 47 % d'opinions favorables.
"
Mourir de dire : la honte
Mourir de dire : la honte: "Si vous voulez savoir pourquoi je n'ai rien dit, il vous suffira de chercher ce qui m'a forcé à me taire. Les circonstances de l'événement et les réactions de l'entourage sont coauteurs de mon silence. Si je vous dis ce qui m'est arrivé, vous n'allez pas me croire, vous allez rire, vous allez prendre le parti de l'agresseur, vous allez me poser des questions obscènes ou, pire même, vous aurez pitié de moi. Quelle que soit votre réaction, il m'aura suffi de dire pour me sentir mal sous votre regard.
Je vais donc me taire pour me protéger, je ne mettrai en façade que la part de mon histoire que vous êtes capables de supporter. L'autre part, la ténébreuse, vivra sans un mot dans les souterrains de ma personnalité. Cette histoire sans paroles gouvernera notre relation parce que des mots non partagés, des récits silencieux, je m'en suis raconté dans mon for intérieur, interminablement.
Les mots sont des morceaux d'affection qui transportent parfois un peu d'information. Une stratégie de défense contre l'indicible, l'impossible à dire, le pénible à entendre vient d'établir entre nous une étrange passerelle affective, une façade de mots qui permet de mettre à l'ombre un épisode invraisemblable, une catastrophe dans l'histoire que je me raconte sans cesse, sans mot dire.
Le non-partage des émotions installe dans l'âme du blessé une zone silencieuse qui parle sans cesse, un bas-parleur en quelque sorte, qui murmure au fond de soi un récit inavouable. Il est difficile de se taire, mais il est possible de ne pas dire. Quand on ne s'exprime pas, l'émotion se manifeste encore plus forte sans les mots. Tant qu'il souffre, un blessé ne parle pas, il serre les dents, c'est tout. Quand le non-dit hyperconscient n'est pas partagé, il structure une présence étrange. «Cet homme discute aisément et pourtant je sens bien qu'il parle pour cacher ce qu'il ne dit pas.» Le refoulement, lui, organise des interactions différentes. D'abord, il est inconscient. Mais lors des rêves surgissent des scénographies étranges qui laissent échapper quelques énigmes à déchiffrer.
Le honteux aspire à parler, il voudrait bien dire qu'il est prisonnier de son langage muet, du récit qu'il se raconte dans son monde intérieur, mais qu'il ne peut vous dire tant il craint votre regard. Il croit qu'il va mourir de dire. Alors, il raconte l'histoire d'un autre qui, comme lui, a connu un fracas incroyable.
Il écrit une autobiographie à la troisième personne et s'étonne du soulagement que lui apporte le récit d'un autre comme lui-même, un représentant de soi, un porte-parole. Le fait d'avoir donné une forme verbale à son fracas, et de l'avoir partagé malgré tout, lui a permis de quitter l'image du monstre qu'il croyait être. Il est redevenu comme tout le monde puisque vous l'avez compris - et peut-être même aimé ? L'écriture est une relation intime. Même quand on a des milliers de lecteurs, il s'agit en fait de milliers de relations intimes, puisque, dans la lecture, on reste seul à seul."
Je vais donc me taire pour me protéger, je ne mettrai en façade que la part de mon histoire que vous êtes capables de supporter. L'autre part, la ténébreuse, vivra sans un mot dans les souterrains de ma personnalité. Cette histoire sans paroles gouvernera notre relation parce que des mots non partagés, des récits silencieux, je m'en suis raconté dans mon for intérieur, interminablement.
Les mots sont des morceaux d'affection qui transportent parfois un peu d'information. Une stratégie de défense contre l'indicible, l'impossible à dire, le pénible à entendre vient d'établir entre nous une étrange passerelle affective, une façade de mots qui permet de mettre à l'ombre un épisode invraisemblable, une catastrophe dans l'histoire que je me raconte sans cesse, sans mot dire.
Le non-partage des émotions installe dans l'âme du blessé une zone silencieuse qui parle sans cesse, un bas-parleur en quelque sorte, qui murmure au fond de soi un récit inavouable. Il est difficile de se taire, mais il est possible de ne pas dire. Quand on ne s'exprime pas, l'émotion se manifeste encore plus forte sans les mots. Tant qu'il souffre, un blessé ne parle pas, il serre les dents, c'est tout. Quand le non-dit hyperconscient n'est pas partagé, il structure une présence étrange. «Cet homme discute aisément et pourtant je sens bien qu'il parle pour cacher ce qu'il ne dit pas.» Le refoulement, lui, organise des interactions différentes. D'abord, il est inconscient. Mais lors des rêves surgissent des scénographies étranges qui laissent échapper quelques énigmes à déchiffrer.
Le honteux aspire à parler, il voudrait bien dire qu'il est prisonnier de son langage muet, du récit qu'il se raconte dans son monde intérieur, mais qu'il ne peut vous dire tant il craint votre regard. Il croit qu'il va mourir de dire. Alors, il raconte l'histoire d'un autre qui, comme lui, a connu un fracas incroyable.
Il écrit une autobiographie à la troisième personne et s'étonne du soulagement que lui apporte le récit d'un autre comme lui-même, un représentant de soi, un porte-parole. Le fait d'avoir donné une forme verbale à son fracas, et de l'avoir partagé malgré tout, lui a permis de quitter l'image du monstre qu'il croyait être. Il est redevenu comme tout le monde puisque vous l'avez compris - et peut-être même aimé ? L'écriture est une relation intime. Même quand on a des milliers de lecteurs, il s'agit en fait de milliers de relations intimes, puisque, dans la lecture, on reste seul à seul."
Promesses : de la psychanalyse et de la littérature
Promesses : de la psychanalyse et de la littérature: "Extrait de la préface
«Écrire n'est pas enquêter sur un personnage, disait Evelyn Waugh dans une interview, c'est un exercice de la langue, et ça, ça m'obsède. La technique psychologique ne me dit rien. C'est le drame, le discours et les événements qui m'intéressent.» La psychanalyse tient évidemment des deux : c'est à la fois une enquête sur un personnage et un exercice théorique et pratique de la langue. En tant que thérapie, elle enquête sur des personnages, dans la langue, avec l'idée de rendre les gens plus heureux, de leur faire trouver la vie plus intéressante. Mais elle a aussi un intérêt psychologique technique. A la différence de ce qu'on appelait autrefois «littérature», elle offre la possibilité de voir exactement ce qu'elle est, et pourquoi il est préférable - si c'est le cas - de s'intéresser à elle plutôt qu'à la psychologie ou au langage.
Ce livre abordera ces questions par petites touches. Sans perdre de vue la finesse de la distinction de Waugh, il interrogera ce à quoi pourraient servir la langue de la psychanalyse et celle de la littérature, et ce qu'elles pourraient faire ensemble.
L'écriture de Waugh, obnubilée comme elle l'est par les mères (la nursery, boire, etc.), la méchanceté, le développement (savoir quoi faire quand, ou plutôt, dans le cas des personnages de Waugh, ne pas le savoir), et la folie (à laquelle il est fait référence à propos des gens qui n'ont «pas vraiment leur bon sens»), son écriture, disais-je, constitue un parallèle historiquement exact et lumineux avec les meilleures années de la psychanalyse britannique. En 1926, Mélanie Klein donne ses premières conférences à Londres. En 1928, Waugh publie son premier roman, Decline and Fall. En 1964, il publie son dernier livre - A Little Learning, tandis qu'un an plus tard, Winnicott fait paraître le sien dont le titre, dans la grande tradition, est tout sauf séduisant : Processus maturationnels et environnement facilitateur. Comme Waugh, la psychanalyse britannique s'intéressait plus à la dépression qu'à l'angoisse et, comme la psychanalyse britannique, Waugh ne pouvait échapper à un revival religieux. Si la psychanalyse britannique est, entre autres choses, une nouvelle description du christianisme, les écrits de Waugh sont le compte rendu contemporain le plus spirituel et le plus dévastateur de ce qu'on attendait de ce christianisme - en l'occurrence du catholicisme."
«Écrire n'est pas enquêter sur un personnage, disait Evelyn Waugh dans une interview, c'est un exercice de la langue, et ça, ça m'obsède. La technique psychologique ne me dit rien. C'est le drame, le discours et les événements qui m'intéressent.» La psychanalyse tient évidemment des deux : c'est à la fois une enquête sur un personnage et un exercice théorique et pratique de la langue. En tant que thérapie, elle enquête sur des personnages, dans la langue, avec l'idée de rendre les gens plus heureux, de leur faire trouver la vie plus intéressante. Mais elle a aussi un intérêt psychologique technique. A la différence de ce qu'on appelait autrefois «littérature», elle offre la possibilité de voir exactement ce qu'elle est, et pourquoi il est préférable - si c'est le cas - de s'intéresser à elle plutôt qu'à la psychologie ou au langage.
Ce livre abordera ces questions par petites touches. Sans perdre de vue la finesse de la distinction de Waugh, il interrogera ce à quoi pourraient servir la langue de la psychanalyse et celle de la littérature, et ce qu'elles pourraient faire ensemble.
L'écriture de Waugh, obnubilée comme elle l'est par les mères (la nursery, boire, etc.), la méchanceté, le développement (savoir quoi faire quand, ou plutôt, dans le cas des personnages de Waugh, ne pas le savoir), et la folie (à laquelle il est fait référence à propos des gens qui n'ont «pas vraiment leur bon sens»), son écriture, disais-je, constitue un parallèle historiquement exact et lumineux avec les meilleures années de la psychanalyse britannique. En 1926, Mélanie Klein donne ses premières conférences à Londres. En 1928, Waugh publie son premier roman, Decline and Fall. En 1964, il publie son dernier livre - A Little Learning, tandis qu'un an plus tard, Winnicott fait paraître le sien dont le titre, dans la grande tradition, est tout sauf séduisant : Processus maturationnels et environnement facilitateur. Comme Waugh, la psychanalyse britannique s'intéressait plus à la dépression qu'à l'angoisse et, comme la psychanalyse britannique, Waugh ne pouvait échapper à un revival religieux. Si la psychanalyse britannique est, entre autres choses, une nouvelle description du christianisme, les écrits de Waugh sont le compte rendu contemporain le plus spirituel et le plus dévastateur de ce qu'on attendait de ce christianisme - en l'occurrence du catholicisme."
Au coeur des étoiles
Au coeur des étoiles: "LES MAINS TENDUES
Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas m'attarder sur le passé. Je ne ressasse pas. J'ai besoin de tourner des pages, d'avancer, sans pour autant renier tout ce qui m'a construite. J'aime «me souvenir de», faire revivre certaines périodes de mon existence, surtout celles qui ont été joyeuses - et il y en a eu, par bonheur, beaucoup.
Sur l'écran de ma vie, les images défilent. Certaines sont nettes, presque vivantes - vibrantes, devrais-je dire -, d'autres restent dans le flou, et c'est peut-être mieux ainsi...
Je suis un peu brouillée avec la chronologie, les dates, les lieux. Parfois, quand on me demande de rapporter les événements avec précision, j'hésite. Une chose est sûre : je me souviens de l'essentiel. Les visages, les odeurs, les couleurs, les bruits... C'est une main qui se tend au hasard d'un tournant difficile à prendre, un peu comme sur cette corniche qui mène à Monte-Carlo, que j'ai tant de fois parcourue au volant de ma petite voiture, une jolie Renault Floride rose métallisé. «Tu as des goûts de luxe !» s'était exclamé mon entourage quand je m'étais offert, seule, ce petit bijou. Des goûts de luxe ? Si avoir des goûts de luxe signifie aimer ce qui est beau, raffiné, élégant, alors oui, j'avais et j'ai toujours des goûts de luxe. Le glamour, oui, le m'as-tu-vu, non. La grâce, l'élégance, oui. Le superficiel, la vulgarité, non.
Du gris clair au gris foncé, en passant par le «noir c'est noir», mais sans jamais oublier le rose poudré teinté de nostalgie des moments d'émotion et le rouge vif des coups de coeur - je suis une Méditerranéenne, tout de même ! -, les épisodes se bousculent avec, pour décor, mon triangle d'or. Nice, Monte-Carlo, Paris. Mais Nice sera toujours mon point d'ancrage, ma ville préférée entre toutes. Je le sais, je le sens. C'est presque animal. Dans l'avion qui me ramène vers elle, après une longue semaine de rendez-vous parisiens ou de tournages, mon coeur bat la chamade. Pendant toute la durée du vol, sans même jeter un coup d'oeil à travers le hublot, je pourrais remplacer au pied levé l'hôtesse de l'air - jeune fille, c'était le métier que je rêvais d'exercer - ou le steward, annoncer où nous sommes et dans combien de temps nous nous poserons. C'est viscéral, oui."
Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas m'attarder sur le passé. Je ne ressasse pas. J'ai besoin de tourner des pages, d'avancer, sans pour autant renier tout ce qui m'a construite. J'aime «me souvenir de», faire revivre certaines périodes de mon existence, surtout celles qui ont été joyeuses - et il y en a eu, par bonheur, beaucoup.
Sur l'écran de ma vie, les images défilent. Certaines sont nettes, presque vivantes - vibrantes, devrais-je dire -, d'autres restent dans le flou, et c'est peut-être mieux ainsi...
Je suis un peu brouillée avec la chronologie, les dates, les lieux. Parfois, quand on me demande de rapporter les événements avec précision, j'hésite. Une chose est sûre : je me souviens de l'essentiel. Les visages, les odeurs, les couleurs, les bruits... C'est une main qui se tend au hasard d'un tournant difficile à prendre, un peu comme sur cette corniche qui mène à Monte-Carlo, que j'ai tant de fois parcourue au volant de ma petite voiture, une jolie Renault Floride rose métallisé. «Tu as des goûts de luxe !» s'était exclamé mon entourage quand je m'étais offert, seule, ce petit bijou. Des goûts de luxe ? Si avoir des goûts de luxe signifie aimer ce qui est beau, raffiné, élégant, alors oui, j'avais et j'ai toujours des goûts de luxe. Le glamour, oui, le m'as-tu-vu, non. La grâce, l'élégance, oui. Le superficiel, la vulgarité, non.
Du gris clair au gris foncé, en passant par le «noir c'est noir», mais sans jamais oublier le rose poudré teinté de nostalgie des moments d'émotion et le rouge vif des coups de coeur - je suis une Méditerranéenne, tout de même ! -, les épisodes se bousculent avec, pour décor, mon triangle d'or. Nice, Monte-Carlo, Paris. Mais Nice sera toujours mon point d'ancrage, ma ville préférée entre toutes. Je le sais, je le sens. C'est presque animal. Dans l'avion qui me ramène vers elle, après une longue semaine de rendez-vous parisiens ou de tournages, mon coeur bat la chamade. Pendant toute la durée du vol, sans même jeter un coup d'oeil à travers le hublot, je pourrais remplacer au pied levé l'hôtesse de l'air - jeune fille, c'était le métier que je rêvais d'exercer - ou le steward, annoncer où nous sommes et dans combien de temps nous nous poserons. C'est viscéral, oui."
Vivre aujourd'hui avec Socrate, Epicure, Sénèque et tous les autres
Vivre aujourd'hui avec Socrate, Epicure, Sénèque et tous les autres: "Extrait de l'introduction
Colorer le marbre
Et duplices tendens adsidera palmas.
«Tendant vers le ciel ses deux paumes...»
Quand je prononce ces mots, j'ai treize ans. Me voilà debout sur l'estrade, récitant des vers de Virgile appris par coeur. Ceux-là prennent place au début de l'Énéide. Le héros se trouve pris dans une effroyable tempête. Frissonnant, il supplie, implore, gémit, évoque ceux des siens qui moururent au combat, d'un plus glorieux trépas qu'une noyade glacée. Il regrette de n'être pas mort en luttant et se désole du sort obscur qui le menace...
Nous avions, chaque trimestre, des compositions de récitation latine. Chacun son tour, nous tirions au sort un papier avec une référence, et nous allions déclamer bravement quelques lignes de Tite-Live ou de Cicéron, quelques vers d'Horace ou de Virgile - comme moi, ce jour-là.
Le même rituel se répétait, de trimestre en trimestre, d'année en année. Des compositions de récitation latine, nous en avions en classe de quatrième, de troisième, de seconde. Précision importante : je n'étais pas au lycée chez des prêtres ni dans une institution particulière. Jamais mon père n'aurait supporté que je fusse élève dans l'enseignement privé. La récitation latine n'était en aucune manière une étrangeté ni une incroyable exception. La scène se situe dans un lycée de la République, à Paris, il y a seulement quelques décennies.
Dans l'enseignement public, laïc, obligatoire et gratuit, je faisais ces compositions de récitation latine, mais aussi des versions latines, des thèmes grecs, des exposés sur les guerres puniques, la conquête des Gaules ou les comédies de Plaute.
Le latin, en ce temps-là, s'enseignait dès la sixième. Je l'ai donc commencé à dix ans. En quatrième, on pouvait ajouter le grec, qui me fit découvrir d'autres formes de lettres - à tous les sens : graphie différente, alphabet dissemblable mais aussi épopées, tragédies, discours politiques - plus tard, textes philosophiques."
Colorer le marbre
Et duplices tendens adsidera palmas.
«Tendant vers le ciel ses deux paumes...»
Quand je prononce ces mots, j'ai treize ans. Me voilà debout sur l'estrade, récitant des vers de Virgile appris par coeur. Ceux-là prennent place au début de l'Énéide. Le héros se trouve pris dans une effroyable tempête. Frissonnant, il supplie, implore, gémit, évoque ceux des siens qui moururent au combat, d'un plus glorieux trépas qu'une noyade glacée. Il regrette de n'être pas mort en luttant et se désole du sort obscur qui le menace...
Nous avions, chaque trimestre, des compositions de récitation latine. Chacun son tour, nous tirions au sort un papier avec une référence, et nous allions déclamer bravement quelques lignes de Tite-Live ou de Cicéron, quelques vers d'Horace ou de Virgile - comme moi, ce jour-là.
Le même rituel se répétait, de trimestre en trimestre, d'année en année. Des compositions de récitation latine, nous en avions en classe de quatrième, de troisième, de seconde. Précision importante : je n'étais pas au lycée chez des prêtres ni dans une institution particulière. Jamais mon père n'aurait supporté que je fusse élève dans l'enseignement privé. La récitation latine n'était en aucune manière une étrangeté ni une incroyable exception. La scène se situe dans un lycée de la République, à Paris, il y a seulement quelques décennies.
Dans l'enseignement public, laïc, obligatoire et gratuit, je faisais ces compositions de récitation latine, mais aussi des versions latines, des thèmes grecs, des exposés sur les guerres puniques, la conquête des Gaules ou les comédies de Plaute.
Le latin, en ce temps-là, s'enseignait dès la sixième. Je l'ai donc commencé à dix ans. En quatrième, on pouvait ajouter le grec, qui me fit découvrir d'autres formes de lettres - à tous les sens : graphie différente, alphabet dissemblable mais aussi épopées, tragédies, discours politiques - plus tard, textes philosophiques."
Parler, lire, écrire : autrement dits
Parler, lire, écrire : autrement dits: "Avant-propos
Le schéma des fonctions linguistiques s'est élaboré progressivement, mettant en oeuvre, dans la pathologie du langage, la théorie de Gustave Guillaume et testant constamment sa pertinence à partir de son impact sur les productions pathologiques observées.
Ce sont des anomalies sévères, tout un éventail allant des états de non-parleur, passant par les non-lecteurs et non-transcripteurs et jusqu'au découplage déchiffrage/sens chez des adolescents ou des adultes.
Jusque-là, dans les livres précédents, chaque avancée théorique était démontrée à partir des observations cliniques qui y avaient conduit et des résultats obtenus qui venaient en confirmer la justesse - nécessitant quelquefois des adaptations.
Entre les livres et les consultations, ouvertes à nos élèves, les séminaires, conduits depuis une vingtaine d'années, sont venus suggérer à nos élèves auditeurs les enchaînements d'exercices à mettre en oeuvre pour corriger ces anomalies sévères. Et les résultats qu'ils obtenaient, souvent après des échanges, venaient confirmer, voire approfondir notre analyse et fonder les conseils donnés.
Les intuitions approchées lors des débuts de la recherche se sont toutes confirmées, élargies et approfondies, au fur et à mesure des avancées et d'autres perspectives s'ouvrent encore.
C'est pour cela que, dans cet ouvrage, le fonctionnement du schéma des fonctions linguistiques sera considéré comme acquis et que quelques exercices seulement seront développés - selon les besoins de la démonstration. Il sera toujours possible de se référer pour plus de précision aux livres précédents. Les cas cliniques décrits ont demandé l'élaboration d'enchaînements qui ont normalisé la pathologie, mais dont nous ne ferons pas état ici.
La fécondité de ce fonctionnement, articulant autour d'une réflexion théorique la pratique directe de la rééducation et la transmission aux élèves avec une riche collaboration, nous incite à continuer dans cette voie.
La recherche n'est pas terminée."
Le schéma des fonctions linguistiques s'est élaboré progressivement, mettant en oeuvre, dans la pathologie du langage, la théorie de Gustave Guillaume et testant constamment sa pertinence à partir de son impact sur les productions pathologiques observées.
Ce sont des anomalies sévères, tout un éventail allant des états de non-parleur, passant par les non-lecteurs et non-transcripteurs et jusqu'au découplage déchiffrage/sens chez des adolescents ou des adultes.
Jusque-là, dans les livres précédents, chaque avancée théorique était démontrée à partir des observations cliniques qui y avaient conduit et des résultats obtenus qui venaient en confirmer la justesse - nécessitant quelquefois des adaptations.
Entre les livres et les consultations, ouvertes à nos élèves, les séminaires, conduits depuis une vingtaine d'années, sont venus suggérer à nos élèves auditeurs les enchaînements d'exercices à mettre en oeuvre pour corriger ces anomalies sévères. Et les résultats qu'ils obtenaient, souvent après des échanges, venaient confirmer, voire approfondir notre analyse et fonder les conseils donnés.
Les intuitions approchées lors des débuts de la recherche se sont toutes confirmées, élargies et approfondies, au fur et à mesure des avancées et d'autres perspectives s'ouvrent encore.
C'est pour cela que, dans cet ouvrage, le fonctionnement du schéma des fonctions linguistiques sera considéré comme acquis et que quelques exercices seulement seront développés - selon les besoins de la démonstration. Il sera toujours possible de se référer pour plus de précision aux livres précédents. Les cas cliniques décrits ont demandé l'élaboration d'enchaînements qui ont normalisé la pathologie, mais dont nous ne ferons pas état ici.
La fécondité de ce fonctionnement, articulant autour d'une réflexion théorique la pratique directe de la rééducation et la transmission aux élèves avec une riche collaboration, nous incite à continuer dans cette voie.
La recherche n'est pas terminée."
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